Comme toute l'industrie manufacturière aux quatre coins du monde, l'entreprise Endress+Hauser s'est engagée sur la voie d'une plus grande durabilité. Nous voulons nous détourner des combustibles fossiles et rendre nos process commerciaux et de production plus respectueux du climat. Comme bien d'autres sociétés, nous avons réalisé que la plus grande partie de notre empreinte carbone est imputable aux émissions de gaz à effet de serre rattachées au scope 3, dégagées en amont et en aval des chaînes de valeur. L'acquisition de matériaux représente à elle seule un tiers de l'empreinte carbone, car la fabrication de nos instruments de mesure nécessite de grandes quantités d'acier et d'aluminium.
Pour atteindre la neutralité climatique d'ici 2050, tous les autres acteurs de la chaîne d'approvisionnement doivent également réduire leurs émissions jusqu'au zéro net. Nous visons à réduire de 35 % nos émissions de CO2 de scope 3, auxquelles nos fournisseurs contribuent également, d'ici 2034. Endress+Hauser Flow, le centre de compétence pour la technologie de mesure du débit, s'est donc rapproché des fournisseurs dont les marchandises impliquent une charge particulièrement élevée en matière d'émissions. Nous concluons actuellement avec eux des accords sur le pourcentage de réduction de leur empreinte carbone envisageable d'ici 2034 et établissons des plans d'action communs. Les fournisseurs y indiquent entre autres les mesures spécifiques qu'ils déploient – par exemple le passage à des sources d'énergie renouvelable, la mise en œuvre d'une amélioration des process ou l'introduction de systèmes de chauffage en circuit fermé.
Assurer la transparence
Comme tous les autres centres de compétence Endress+Hauser, nous calculerons l'empreinte carbone de nos principaux produits d'ici la fin de cette année. Cette démarche consiste à mesurer l'impact de chacun des composants. Une démarche extrêmement complexe lorsqu'on considère un instrument tel que le Prowirl F 200, un débitmètre vortex.
Sa fabrication nécessite 425 pièces livrées par 69 fournisseurs directs et de nombreux sous-traitants. En raison du haut niveau de complexité et de la variété des données, le taux d'incertitude de calcul devrait atteindre 40 %. Néanmoins, cette empreinte spécifique aux produits devient un outil précieux : nous pouvons identifier les composants qui génèrent une charge de CO2 particulièrement élevée et, par là même, les priorités que nous devrions établir concernant l'approvisionnement en matériaux et la conception des produits.
Dans notre société, comme dans l'ensemble de l'industrie manufacturière, la transformation est un processus quotidien. La durabilité devient un facteur clé de réussite commerciale, notamment en raison des obligations de déclaration définies par différents textes législatifs. En outre, dans le cadre du mécanisme européen d'ajustement carbone aux frontières, des taxes seront prélevées à partir de 2026 sur les importations de marchandises à fortes émissions de CO2. Cela signifie que les entreprises qui n'auront pas réduit le taux de CO2 dans leur fabrication perdront de leur compétitivité.
L'Europe, l'Inde et la Chine ont des forums industriels au sein desquels nous rencontrons personnellement nos fournisseurs et abordons ces sujets. Il s'agit d'apprendre et d'avancer ensemble. Nous misons depuis toujours sur des relations fiables, ce qui donne une position de départ favorable. J'observe une dynamique réjouissante : début 2023, de nombreux fournisseurs n'avaient toujours pas ce sujet à l'esprit. Aujourd'hui, seulement un an après, je sens que les choses évoluent. C'est comme une pierre qui tombe dans l'eau et donne naissance à des cercles toujours plus larges.